Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 13:53

Chère Marine Le Pen,

Ces derniers temps, j'ai le plaisir de voir ressurgir grâce à vous et à vos amis une idée qui fait son chemin depuis longtemps dans votre esprit, celle de dérembourser l'avortement. Ou, mieux dit encore, de dérembourser "l'avortement de confort".

Alors, en effet, je ne peux pas vous donner tort sur un point : il existe peut-être effectivement des femmes qui pratiquent ce que vous appelez des "avortements de confort".

Peut-être.

Mais combien sont-elles ? Et combien sont celles qui n'ont d'autre choix pour mener leur vie du mieux possible que de subir un avortement ?

Vous comprendrez, chère Marine, que sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, on ne peut honnêtement se contenter de généraliser ce qui reste pour chaque femme un cas aussi particulier que ce qu'elle est.

L'avortement est un droit, depuis qu'une femme a eu le courage de le défendre en des temps où la condition féminine ne faisaient pas plus partie des priorités des hommes que des vôtres aujourd'hui. Que cette femme ait du passer une partie de sa vie dans des camps dont votre père s'est évertué à nier l'existence n'est sans doute aujourd'hui pour vous qu'un "détail".

Je vous entends également beaucoup faire appel à la démocratie, à propos de signatures que vous peineriez à acquérir pour vous présenter à l'élection présidentielle. Outre le fait que personne ne doute que vous allez effectivement en avoir au moins 500 et que cette manie de le nier fait depuis longtemps partie des méthodes de votre parti, il y a toujours un petit quelque chose de cocasse dans le fait de s'en remettre à cette démocratie que vous semblez pourtant si encline à bafouer pour défendre votre cause politique.

C'est cette démocratie qui a permis aux femmes de bénéficier au droit à l'avortement et à son remboursement par un système de santé qui est une des choses dont notre pays peut être fier.

Au delà, c'est cette démocratie qui leur a permis d'avoir enfin accès à un droit fondamental : celui de disposer librement de leur corps. Utiliser les cordons de la bourse pour tenter d'étrangler ces corps aujourd'hui libres est une insulte faite à toutes les femmes, peut-être plus violente encore quand elle vient d'une de leurs pairs. Même si tout les sépare.

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Par BéaBlog - Publié dans : Gloire - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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