Partager l'article ! Face à face avec son col...: ... de l'utérus : étrange, n'est-ce pas ? Pourtant, c'est plus intéressant que bizarre. Alors toi, l'homme, ne p ...
Ceci n'est pas un col de l'utérus mais un col claudine. J'ai rien trouvé d'autre comme illustration susceptible de ne pas heurter les
âmes sensibles...
Ok, je vous le concède, j'attaque pas un sujet facile à placer dans un dîner. C'est vrai ça, vous imaginez demander tranquilou à votre hôtesse "Et toi, sinon, tu as déjà vu ton col de l'utérus ?" ? Je vous raconte pas le risque d'étouffement par cacahuète que vous prendriez. Et c'est dommage ! Parce qu'on ne parle pas assez de ce sujet dingue. Alors pour comprendre pourquoi je l'aborde en ce jour étrange, il faut que je vous raconte quel chemin j'ai parcouru. Un indice : ce chemin passe par un spéculum.
Vendredi dernier, j'avais visite chez ma nouvelle gynécologue. On papote, on fait connaissance, on sourit, on rigole... Et puis hop, vient le moment tant attendu de l'examen, celui où se cale si confortablement dans cette position gynécologique tellement flatteuse ! Et là, ma gynéco me pose la question à laquelle je ne m'attendais pas :
"... heu..." La gynéco m'explique alors que c'est pédagogique, que c'est important de savoir "comment on est faite", et qu'elle le propose systématiquement. Et je me dis qu'elle a raison, alors d'accord !
Parce que, franchement, vous savez à quoi il ressemble, votre col, vous ?
Jeune femme puis femme, on vous l'examine à la loupe. Enceinte, on vous en parle beaucoup pour dire que votre col est mou, qu'il se raccourcit. qu'il est fermé... Mais, sans blague, ça vous a vraiment parlé ? Moi non. Bon, je ne m'imaginais pas non plus un col claudine ni un col roulé, mais je ne savais pas exactement à quoi ça ressemblait.
Même quand j'écrivais mon bouquin sur la grossesse, je ne me suis pas attardée sur les magnifiques images de col que j'ai pu croiser. C'est à dire que, question glamour, c'est pas vraiment ça. Et, même en dehors des heures de repas, c'est border, quand même...mais quand c'est le sien, c'est pas pareil !
Je ne vais pas vous parler de mon col à moi (n'insitez pas, ce n'est pas le sujet), mais ce qui me semble très intéressant dans cette proposition inédite de ma gynéco, c'est la démarche qu'il y a derrière. Car, je ne vous apprends rien, chez les filles, tout se passe à l'intérieur. Impossible de trop savoir comment c'est fait dedans (à moins d'examens qui y obligent et là, même si ce n'est pas dit qu'on vous montre, c'est en général moins drôle.). Là, à l'aide d'un simple miroir, je me suis retrouvée face à mon col, pendant que ma gynéco m'expliquait ce que je voyais. Ca peut paraitre étrange, mais il y a dans cette façon de faire quelque chose de très rassurant. Et de très instructif. Je sais maintenant à quoi ça ressemble, et j'en suis bien contente !
Parler du col de l'utérus a quelque chose d'intime, qui tient notamment au fait qu'il est bien caché. Mais contrairement à d'autres mots qui cohabitent pour désigner la "machinerie" féminine, il n'a rien de sexuel. Vous me suivez ? Non ? Par exemple : "vagin", on n'y peut rien, mais ç'a un côté sexuel pour la plupart des gens. "Col de l'utérus", pas du tout.
On entend souvent qu'il faut "connaitre son corps" pour avoir une sexualité épanouie. Je suis d'accord avec ça, mais connaitre son corps et avoir la possibilité de voir certains des attributs féminins permet à mon avis d'avoir autre chose : une féminité épanouie. Et c'est peut-être bien de là que partent les autres épanouissements, non ?
Bon, je ne vous dis pas non plus de balancer vos histoires de col à la cantonade, faut pas exagérer, mais n'empêche, avoir la possibilité de le voir n'est pas anodin, et j'irai même jusqu'à dire que toutes les femmes devraient pouvoir le faire si elles le souhaitent (selon ma gynéco, 80 % des femmes acceptent).
Une dernière chose pour conclure, et on appelera ça une petite piqûre de rappel : il est impératif de faire un frottis au moins tous les 3 ans (même pas obligé de regarder son col à chaque fois !) pour dépister les éventuels problèmes. Le papillomavirus, principal responsable du cancer du col, a eu des effets dévastateurs, notamment sur les femmes de ma génération. Il existe d'ailleurs aujourd'hui un vaccin préventif pour les jeunes filles à partir de 14 ans. Prendre soin de son col et encourager les femmes et les jeunes filles à le faire n'est pas anodin... ça peut même sauver des vies.
C'est vous qui le dites !